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J'ai accouché à la maison

July 11, 2019

 Après 2 accouchements à l'hôpital et les violences gynéchologiques qui vont avec, l'accouchement dans l'intimité de notre foyer est apparu comme une évidence pour moi. L'accouchement à la maison, moins d'1% des femmes le choisissent en France aujourd'hui alors que dans le Nord de l'Europe, aux Pays-bas (mon pays de naissance) 1 femme sur 3 accouche à la maison. 

 

 Clément, mon mari, était partant :"Si c'est ce que tu veux alors on le fera". À quatre mois de grossesse ma quête à la sage-femme qui nous accompagnerait commença. 

Pas si simple de trouver ma sage-femme, moins de 50 sage-femmes en France pratiquent à domicile aujourd'hui, pourtant la demande est bien la. C'est plutôt un contexte administratif hautement dissuasif qui empêche les sage-femmes de pratiquer, en effet elles doivent souscrire une assurance à un coût faramineux pour pouvoir accompagner les femmes à domicile.  Après plusieurs visites et rencontres avec des sage-femmes passionnées j'ai finalement rencontré Sophie, la sage-femme qui m'assistera 5 mois plus tard lors d'une belle nuit de printemps.

 

 

 

 

 

Sophie m’a suivi pendant les cinq derniers mois de ma grossesse en suivi « global » elle était la seule professionnelle de santé qui me suivait en dehors des échographies à l’hopital.

Le dernier trimestre on se voyait toutes les semaines à son cabinet et à partir du 8ème mois elle venait à la maison tous les mercredis. 

Après deux accouchements je savais à quoi m’attendre et les préparations à la naissance nous ont permis d’apprendre à se connaitre et à se faire confiance, c’est tellement important le jour J. J’avais le désir d’accoucher physiologiquement et dans l’eau. À 37 semaines d’amhénorée (date légale à partir de laquelle on a le droit d’accoucher à la maison en France) Sophie m’amena la piscine d’accouchement et la liste de tout le matériel nécessaire. On était enfin prêt, il ne restait plus qu'à attendre…

 

 

Le jour de mes 40 SA fut un vendredi. J'étais en pré-travail depuis une semaine déjà, j'avais des contractions irrégulières et mon col était ouvert à 3cm depuis une semaine déjà. Clément était en repos et les enfants à l’école. On est allé se promener en ville sans savoir que ce serait notre dernier après-midi à deux avant un moment. Le soir venu nous sommes allé chercher les enfants à l’école et nous avons profité de cette belle soirée de printemps pour manger dehors. Rose était en forme et ensemble nous avons dansé sur les musiques latino qui nous rappelaient notre voyage en Amérique du Sud ! 

Ce soir la je me sentais particulièrement apaisée, alors que Clément dormait je ne parvenais pas à trouver le sommeil. 

 

23h55, première contraction douloureuse, ah peut-être que ça sera ce soir ? Quelques minutes plus tard la deuxième puis la troisième, elles vont et viennent comme des vagues.. Allongée dans notre lit je me dis avec émotion que cette nuit sera la nuit de mon troisième accouchement.. Je réveille Clément qui me dit « ok parfait je me repose un peu en attendant, ma chérie tu es forte, c'est ta nuit, tu vas accoucher, tu vas être forte » et se rendort. Rien d’étonnant pour moi, il avait déjà agi exactement de la même façon lors de mes deux premiers accouchements.

A minuit trente j’avais des contractions toutes les 5-6 minutes et elles duraient 1 minute. J’ai alors appelé ma sage-femme car je voulais m’assurer qu’elle sache que ce serait pour cette nuit. 

 

 

 

Je m’installe dans notre salon, qui avait pris des allures de spa pour l’occasion, des bougies éclairaient la pièce, mon diffuseur d’huiles essentielles diffusait doucement la préparation « accouchement harmonieux », j’ai mis mon casque et j'ai commencé à écouter un enregistrement d’autohypnose.

Bien installée sur mon ballon j'étais sereine et je me sentais puissante, je savourais la tempête qui se préparait en moi et j’accompagnais l’ouverture de mon corps avec un mélange d’impatience et d'appréhension.

 

Je respire pendant les contractions et je les accompagne vers mes pieds en respirant doucement.. Une heure passe et bien que toujours gerables je sens que le travail s’intesifit légèrement, je ressens le besoin d’avoir Clément près de moi.

Je le réveille donc et il s’installe sur le canapé où il se rendort de nouveau. Une heure passe et je le réveille encore, « appelle Sophie s’il te plait, j’ai besoin qu’elle vienne. 

Un peu à contre coeur (il voulait l’appeler le plus tard possible) Clem appelle ma sage-femme et elle se met tranquillement en route pour venir. 

À 3h30 elle arrive et en me voyant gérer les contractions sereinement et en blaguant d’excitation, elle me dit « tu es sure que c'est pour ce soir ? » 

Après un examen rapide elle me dit : « alors, combien tu penses ? » 

-« 5cm..? » 

-« non 8 cm, tu es extraordinaire » me dit elle..

« Et si on installait la piscine d’accouchement » dit-elle à Clément. « Ça accéléra peut-peut-être le travail. ? » La piscine était déjà prête et gonflée au garage. 

Quelques instants plus tard ils installaient la piscine dans le salon.

 

 

 

La sensation de l’eau chaude m’a beaucoup soulagé et je continuais à gérer tranquillement mes contractions qui s’intensifiaient de plus en plus.

Clément s’est rendormi sur le canapé, ma sage-femme s’est isolée dans un coin, vers 5h du matin nous avons réveillé Martin car son désir était de venir avec moi dans la piscine, comme à ce moment la je me sentais bien je me suis dit que c’était le meilleur moment pour lui de venir dans l’eau avec moi.

Il était tout joyeux et excité d’apprendre que son petit frère ou sa petite soeur était entrain de naître et est venu dans la piscine avec moi. On a fait des câlins, tout simplement. Il s’est ensuite rendormi sur le canapé et Clément l’a ramené au lit.

 

De mon coté le travail est devenu de plus en plus intense, les contractions se rapprochaient, j’avais du mal à les gérer comme avant, du mal à parler, besoin de mon mari qui se rendormait sans cesse sur le canapé.. Ça m'agaçait. Je l’ai à un moment réveillé assez sèchement : « Réveille-toi maintenant j’en ai marre, j’ai vraiment besoin de toi » 

À ce moment la j’étais toujours à genoux dans l’eau et les contractions étaient vraiment fortes et se suivaient rapidement. 

Sophie m’examinait mais le travail n’avançait pas trop mon col n’était toujours pas à 10. Elle m’a demandé de sortir de l’eau, on a essayé plusieurs positions, d'abord debout, ensuite sur un ballon, j’avais tellement mal que le simple fait de m’installer sur le ballon semblait un effort surhumain.

 

 

 

La position assisse était très inconfortable au debut, les contractions si intenses…

J’avais chaud puis extrêmement froid.. Besoin d’une couverture puis d’un coup tellement chaud que la chaleur me força à sortir dehors, la nuit était froide, je rentrais aussitôt… Je ne sais pas combien de temps ça a duré mais c’était insupportable.

Rose et Martin se sont réveillés il devait être 8h30 du matin, Martin est venu me souffler des mots d’encouragements à mon oreille.. Il me disait que j’étais forte, que j’allais y arriver… J'étais de nouveau rentré dans la piscine et j'avais très chaud, Martin me rafraîchissait avec un gant d'eau froide, Rose est venue me faire des bisous à son tour.

 

 

 

 

Les enfants m’ont suivi dans l’eau puis j’ai préférée qu’ils aillent se reposer dans notre chambre ou ils ont déjeuné et regardé un film. 

Les contractions sont ensuite devenus si intenses que je vomissais… Mon corps a fait son travail, j’étais finalement à 10cm.

 

J’ai commencé à pousser pour soulager la douleur des contractions.  Je dormais entre les contractions, je ronflais même.. 

J’ai poussé de toutes mes forces plusieurs fois et ma poche des eaux s’est rompue dans la piscine, j’étais surprise par l’intensité et la pression de la rupture de la poche dans l’eau.

J’étais désespérée.. J’avais l’impression que je n’arriverai pas à sortir mon bébé alors j’ai poussé, poussé, poussé et j’ai mordu mon mari.. J’étais sur une autre planète, je n'avais pas l’impression d’être dans la scène. Je voulais que ça s’arrête, je poussais de toutes mes forces pendant 30 minutes. Ça faisait mal, j’avais besoin que ça s’arrête ma sage-femme m’a demandé de me lever puis il est descendu d’un coup avec une telle intensité, j’ai poussé, j’ai senti le cercle de feu, j’ai poussé un cri, Sophie est partie rassurer les enfants (je n’avais jusqu’à présent fait aucun bruit) et au moment ou elle a quitté la pièce la tête de Raphael est sortie. 

J’ai crié « La tête est la, elle est la, aide moi » elle est revenue en courant sans avoir eu le temps de rassurer les petits et m’a aidé lors de la contraction suivante à sortir Raphael. Il est venu dans mes bras, les enfants sont arrivés en courant, il était 9h14.

 

On est resté un moment dans l’eau.. à l’admirer, Raphael n’a pas pleuré, il n’a pas crié, il est venu au monde doucement,  a rencontré sa famille, a senti notre amour instantané pour lui, il n’y avait pas de stress, pas de lumière, aucune violence. 

Nous avons laissé son cordon jusqu’à ce que mon placenta ne l’alimente plus. Rose a ensuite coupé le cordon avec l’aide de son papa, « c’est tout mou » elle a dit.

Quelques heures plus tard nous l’avons pesé, Raphael pesait 4kg560 et mesurait 56cm, pourtant il né par voie basse ,de façon physiologique.

 

 

 

Cette naissance fut ma plus belle expérience jusque aujourd’hui, je ne me suis jamais sentie autant femme qu’aujourd’hui. J’ai accouché et je n’ai ni eu besoin de médicaments ni d’instruments pour y arriver. Mon corps a mis cé bébé au monde et c’est ma plus grande fierté.

 

Malheureusement un accouchement n'est jamais sans danger et je fais partie des 6% des femmes qui ont eu une hémorragie de la délivrance, une hémorragie arrive au moment de l'expulsion du placenta, une fois que le bébé est né. 

Je vous en parle dans un prochain article.

Pour celles qui me suivent sur instagram je n'en ai jamais parlé car je n'étais simplement pas prête d'en parler sur les réseaux..

 

Merci de m'avoir lu et à très vite ici ou sur instagram !

 

 

 

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